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Les civilisations du renne d’hier et d’aujourd’hui

Palais des congrès d’Antibes - Juan-les-Pins, 19-20-21 octobre 2006

XXVIIe Rencontres internationales d’archéologie et d’histoire d’Antibes

Approches ethnohistoriques, archéologiques et anthropologiques
En contexte préhistorique, le degré de mobilité des groupes humains témoigne directement des modes d’exploitation des territoires. La définition du degré de mobilité permet donc, selon toute vraisemblance, d’appréhender l’extraordinaire adaptation des hommes aux évolutions climatiques majeures qu’a connu la Terre au cours du Quaternaire.

La reconstitution des formes de la mobilité est fondée sur la caractérisation fonctionnelle des sites, sur la possibilité de différencier leurs statuts respectifs et leur place dans les stratégies de subsistance, de les lier ainsi les uns aux autres pour reconstituer un modèle d’organisation économique et sociale.

À la fin du Paléolithique, pendant plusieurs millénaires, alors que des conditions climatiques assez drastiques règnent en Europe occidentale, la chasse au renne se trouve souvent au cœur de l’économie de subsistance. La traque de cet animal a été systématiquement posée comme le fondement de l’organisation logistique des chasseurs. Les autres activités de collecte des denrées végétales et carnées, telles que la pêche et la cueillette, n’étant considérées que comme complémentaires et éventuellement saisonnières. Le degré de mobilité des groupes serait alors étroitement lié aux comportements et notamment aux migrations des rennes eux-mêmes.

Pour autant, les systèmes techniques relevant de ce mode économique, en apparence standardisés, présentent une palette de modalités que l’on peut mettre en relation avec le contexte environnemental. Dans une certaine mesure, cette diversité des systèmes techniques peut être révélatrice de complexité sociale. Compte tenu des imprécisions chronologiques propres à ces périodes, il est souvent difficile de distinguer ce qui procède des stratégies d’adaptation à des conditions écologiques particulières (changements climatiques ou _ particularités géographiques) de ce qui procède de choix culturels.

L’immense territoire de la Sibérie permet encore d’observer les comportements d’hommes et d’animaux évoluant dans des biotopes comparables à ceux des périodes préhistoriques considérées ci-dessus. Qu’il s’agisse des domaines techniques, sociaux ou symboliques, l’ensemble des traditions des communautés indigènes (Tchouktches, Koriaks, Evenks, ...) est fondé sur l’omniprésence du renne. Pourtant, des différences majeures de logistique et d’organisation peuvent être perçues entre les communautés sibériennes : elles sont liées, pour partie, aux spécificités culturelles affichées par les différents groupes, mais aussi aux importantes variations des conditions écologiques rencontrées dans cette zone. En effet, entre 63° et 70° de latitude nord, les variations climatiques sont considérables et les formations végétales présentent des formes très variées, dans leur structure comme dans leur composition (de la toundra à la taïga), reproduisant peu ou prou la diversité des biotopes fréquentés par les paléolithiques lors des épisodes froids du Quaternaire.

Chacune des biozones présente sa propre spécificité, en termes de contrastes saisonniers et de ressources potentielles, et plus particulièrement de ressources végétales. Cette spécificité est primordiale en termes de stratégie de subsistances, puisqu’elle se décline différemment dans le temps et dans l’espace selon que l’on se trouve dans un écosystème ou dans un autre. De même, les systèmes techniques et symboliques peuvent présenter des complexités différentes. Le monde sibérien permet donc de mesurer les différents paramètres qui influent sur les systèmes fondés sur l’exploitation du renne.

Les objectifs de ce colloque seront les suivants :
- Présenter des modèles actualistes interdisciplinaires, susceptibles d’être en partie transférés pour la compréhension des systèmes préhistoriques. Les intervenants insisteront sur les ensembles perceptibles à travers les données fournies par l’archéologie : environnements, diètes, structures évidentes et latentes, cultures matérielles, représentations symboliques.
- Présenter des exemples d’application de données actualistes vers des interprétations archéologiques en discutant les modalités de ces transferts. Ce colloque, constituera un bilan de l’Action Concertée Incitative, « Terrains, techniques, théorie » : adaptation biologique et culturelle : le système renne.


Organisateurs

Sylvie Beyries,
CNRS, UMR 6130 - Cépam
beyries@cepam.cnrs.fr
Dorothée Drucker,
CNRS - UMR 7041 - ArScAn
dorothee.drucker@tele2.fr
Virginie Vaté
Max Plank Institute
vate@eth.mpg.de

Comité scientifique

Marie-Françoise André,
Université de Clermont-Ferrand
Anne Bridault,
CNRS - UMR 7041- ArScAn
Yvon Csonka,
University of Greenland
Roberte Hamayon,
École pratique des hautes études
Claudine Karlin,
CNRS - UMR 7041 - ArScAn
Joëlle Robert-Lamblin,
CNRS - UPR 2147
Isabelle Théry,
CNRS, UMR 6130 - Cépam

Inscription

Jeannine François
Cépam - UMR 6130
CNRS-UNSA,
Rencontres d’Antibes,
250 rue Albert Einstein,
06560 Valbonne - France
Tél. 00 33 (0)4 93 95 42 99
Fax. 00 33 (0)4 93 65 29 05
colantib@cepam.cnrs.fr

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