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Accueil du site > Édition scientifique > Cahiers Ernest Babelon > Le monnayage de la Syrie sous l’occupation perse (610-630)

Le monnayage de la Syrie sous l’occupation perse (610-630)

Henri Pottier

Cahiers Ernest-Babelon n° 9
ISBN 2-271-06115-6
2004, 172 p.

On considère en général que l’invasion perse et en particulier la prise d’Antioche en 610 ont entraîné la fermeture de l’atelier monétaire syrien. Toutefois la présente étude, basée sur un corpus rassemblant plus de 200 folles, montre qu’une activité monétaire a existé en Syrie du Nord au cours de l’occupation perse de 610 à 630. Ces « folles syriens » sont caractérisés par une iconographie particulière ; ce sont des imitations de folles de types byzantins antérieurs ou contemporains : Phocas seul, Phocas et Leontia, Héraclius seul, Héraclius et Héraclius Constantin, Justin II et Sophie et enfin Maurice Tibère. Ces six classes suivant lesquelles les folles syriens ont été répertoriés, constituent bien un ensemble comme de multiples liaisons de coins entre classes ont pu le démontrer. La quarantaine de pseudo-marques d’atelier relevées au revers de ces folles constitue une autre de leurs particularités : on distingue à coté des marques d’atelier classiques de Constantinople, Nicomédie et Antioche-Theoupolis des formes altérées ou dérivées de celles-ci. L’analyse métrologique a montré qu’il ne s’agissait pas d’un atelier de faussaires, mais bien d’un atelier organisé travaillant suivant des spécifications bien définies. Ces normes, de même que le nombre d’officines varient suivant les diverses périodes que l’analyse des fréquences de production avait mises en lumière. Certains de ces folles syriens, particulièrement certaines imitations de Justin II, étant de style très proche de leurs modèles, il a fallu pour les distinguer faire appel à des critères métrologiques basés sur certaines de leurs caractéristiques s’écartant des normes des modèles imités, à savoir un poids moyen de 9 à 10 g, un diamètre de flan de 27 mm et une position des axes désordonnée. L’attribution à l’ensemble syrien de ces séries particulières imitant les folles de Justin II frappés à Nicomédie a nécessité une analyse comparative non seulement avec leurs modèles mais également avec la production de type similaire par des ateliers militaires de la fin du vie siècle et aussi avec les folles arabo-byzantins de type voisin produits à Gerasa et Scythopolis à la fin du viie siècle. L’analyse des trésors syriens confirme l’attribution des folles étudiés à la période d’occupation perse 610-630. Les trésors antérieurs ne présentent pas d’exemplaires contrairement aux deux trésors postérieurs à 630, notamment celui de Tell Bisa, numériquement le plus important. D’autre part, les seules monnaies de fouilles ayant révélé la présence de folles syriens proviennent d’Apamée. Ils sont par contre absents des fouilles aussi bien d’Antioche que de Gerasa. L’ensemble de ces données suggère une localisation de l’atelier en Syrie du Nord, peut-être Emèse. Replaçant ces éléments dans leur contexte historique, on peut esquisser le profil de cet atelier comme dépendant d’autorités locales quasi-autonomes ou sous un contrôle perse tolérant, dont la production et les types de folles frappés ont fluctué suivant les aléas de la guerre. Ce monnayage syrien à la fois marque la fin du rôle économique et monétaire d’Antioche et porte en germe des éléments du monnayage de bronze que produira la Syrie dès sa conquête par les Arabes.

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