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DU MATÉRIEL AU SPIRITUEL : Réalités archéologiques et historiques des « dépôts » de la Préhistoire à nos jours

XXIXe Rencontres Internationales d’Archéologie et d’Histoire d’Antibes – à Antibes–Juan-les-Pins (06160), France, du 16 au 18 octobre 2008

Organisateurs :
- Sandrine BONNARDIN
- Caroline HAMON
- Michel LAUWERS
- Bénédicte QUILLLIEC

La notion de « dépôt » recouvre plusieurs réalités archéologiques et historiques. Déposer des objets lithiques, céramiques, métalliques ou osseux dans la terre ou dans l’eau relève d’un acte intentionnel et codifié. Ses interprétations restent variées : réserve de matière première, cachette ou trésor, rite de fondation, marqueur d’identité religieuse, sociale ou territoriale des groupes humains, offrandes profanes ou sacrées, etc… Ces rencontres s’articuleront autour de trois axes principaux : leurs contextes de découverte, la valeur technique et fonctionnelle intrinsèque des objets déposés et enfin les gestes et acteurs du dépôts.

Le contexte de découverte des dépôts mobiliers semble propre à chaque manifestation, et le milieu d’enfouissement semble chargé d’une symbolique toute particulière (terre, eau, tourbière…) qu’il s’agisse d’un habitat, d’un espace à caractère funéraire ou encore d’un atelier. Sur quels critères distingue-t-on les abandons fortuits ou les rejets, de pratiques réellement intentionnelles ? Comment s’intègrent les dépôts aux structures archéologiques et à leurs composants : dépotoirs, unités domestiques, alignements de menhirs, lieux de stockage, gîtes d’approvisionnement, voies de circulation ?

Ces pratiques peuvent également matérialiser des limites territoriales, baliser des voies de circulations et de contrôle. Elles peuvent marquer visiblement ou tacitement le paysage. Elles constituent en outre un indicateur tangible de l’organisation inter et intra communautaires et parfois même de la séparation entre sphères privées et publiques.

Certaines analogies entre dépôt en contexte funéraire et en contextes non funéraires tiennent très certainement au statut des objets déposés qu’ils soient usuels, personnels ou de prestige. En effet, il est parfois difficile de distinguer une offrande profane d’une offrande funéraire, et de définir les critères sur lesquels se baser.

L’étude des dépôts a porté tour à tour sur leur contenu (objet isolé, groupe d’objets de même nature ou de nature différente, disposition) ou leur composition (quantité et nature des objets : matériau, espèce, fonction - outil, arme, parure, monnaie) afin d’en préciser les modalités de sélection.

Une lecture technologique des objets déposés permet d’apporter un éclairage nouveau sur l’état des objets (matière brute), leur traitement (ébauche) et leur cycle de vie. Les modes de fabrication, d’utilisation et d’entretien des artefacts nous conduit à réfléchir sur les éventuelles réutilisations et destructions volontaires ou involontaires.

L’acte de dépôt peut être intrinsèquement lié à la fabrication et à la fonction des objets déposés ou à leur valeur artisanale ou monétaire. L’objet acquiert une « valeur cumulative » au cours de sa vie : l’investissement et les savoir-faire, apportés dès l’acquisition de la matière première, lui confèrent une signification spécifique, voire une charge symbolique, qui précède son dépôt. D’autres objets au contraire sont confectionnés à seule fin d’être « déposés » et ne prennent leur valeur réelle que dans ce contexte dépositaire : leur fonction est alors intimement liée au dépôt. La rareté ou le caractère exceptionnel d’un objet peut ainsi résulter de sa confection dans le seul but d’être déposé dans un espace funéraire ou dans un autre contexte ritualisé.

« Déposer » est-il individuel ou collectif, décidé par le groupe ou un de ses représentants ? Quel est le statut respectif de l’ordonnateur et de l’exécutant du dépôt ? Les dépôts de mobilier portent en eux une forte dimension temporelle. Le dépôt est-il une action unique et ponctuelle dans le temps, ou est-il constitué en plusieurs étapes ? Doit-on considérer le dépôt d’objet comme un abandon définitif, comme un sacrifice des éléments déposés. Dans ce cas, l’acte de dépôt peut exprimer la nécessité de retirer un ou plusieurs objets de leur cycle de vie « traditionnel », de le détruire partiellement ou en totalité en vue d’un recyclage éventuel voire même de le soustraire à la vue du reste de la communauté. Au contraire le dépôt doit-il être considéré comme une zone de stockage temporaire en prévision d’une récupération postérieure, différée dans le temps ? Peut-on y déceler par exemple une volonté de préserver les objets en vue d’une restitution ultérieure ?

Le but du présent colloque est d’appréhender, au delà des cas particuliers, la définition archéologique, historique et ethnographique des manifestations dépositaires. Pour ce faire, une perspective pluridisciplinaire permettra d’envisager la signification du phénomène dépositaire à différentes échelles spatiales et chronologiques, depuis la Préhistoire jusqu’au Moyen-Age. Il convient en effet de s’interroger sur le caractère récurrent, reproduit et reproductible du phénomène. La confrontation des réflexions sur les modalités d’études et d’interprétations des structures de type « dépôt » dans des contextes chronoculturels et géographiques variés doit permettre de proposer de nouvelles définitions. Ils traduisent des comportements récurrents et des besoins certains qui, bien qu’encore mal définis, pourraient exprimer une forme de régulation de la cohésion sociale, culturelle ou encore économique. Dans le cadre de ces rencontres, nous proposons donc aux intervenants de confronter et de discuter définitions et significations de ces phénomènes en suivant une approche transchronologique et pluridisciplinaire.

XXIX° International Symposium of Antibes in Archeology and History 16 – 18 octobre 2008. Antibes–Juan-les-Pins (F-06160), France

FROM MATERIAL TO SPIRITUAL : Archaeological, historical and ethnographic realities of « hoards from Prehistory to the present

Organisators :
- Sandrine BONNARDIN
- Caroline HAMON
- Michel LAUWERS
- Bénédicte QUILLLIEC

The notion of « hoard » covers several archaeological and historical realities. Placing lithic, ceramic, metal or bone objects in the ground or in water is a deliberate and codified act. It can be interpreted in various ways : a stock of raw materials, a cache or treasure, a foundation rite, a marker of religious, social or territorial identity, profane or sacred offerings, etc…This meeting will focus on three main themes : the contexts of discovery of hoards, the intrinsic technical and functional value of deposited objects, and lastly the gestures and actors involved in hoarding.

The context of discovery of artefact hoards is proper to each manifestation, and the milieu of deposit seems charged with quite particular symbolism (earth, water, peat-bog, altar…), whether a settlement, a sacred area or a workshop is involved.

What criteria can be used to distinguish fortuitous abandonment or discard from really intentional practices. How are hoards linked to archaeological features and their components : middens, houses, storage facilities, raw material sources, rows of menhirs, cult buildings, communication routes ?

These practices can also materialize territorial limits and mark routes for movement and control. Also, they can visibly and tacitly mark the landscape. In addition they are a tangible indicator of inter and intra community organization and sometimes even of the separation between profane and sacred, private and public spheres.

Certain analogies between deposit in burial and non-burial contexts are very probably related to the status of the deposited objects, whether they are ordinary, personal or prestige items. In fact it is sometimes difficult to distinguish a profane offering from a funerary offering, and to define the criteria for such a distinction.

Hoards have variously been studied for their content (isolated object, group of objects of the same or different nature) and their composition (quantity and kind of object : material, species, function – tool, weapon, ornament, coinage), in order to determine the forms of selection involved.

Technological analysis of deposited objects sheds new light on their condition (raw material), their processing (rough out) and their life cycle. Modes of manufacture, use and maintenance of artefacts can lead us to think about possible re-uses and deliberate or accidental breakage.

The act of deposit can be intrinsically linked to the manufacture and function of the deposited objects, as well as to their craft or monetary value. During its life, an object acquires a « cumulative value » : investment and know how, involved from the moment the raw material was procured, gives it a specific meaning, even a symbolic value, prior to deposition. In a different manner, some objects are specifically made to be « deposited » and only take on their actual value in this context of deposit : their function is thus intimately related to deposition. The rarity or the exceptional character of an object can therefore result from its manufacture solely for deposit in a grave or in another ritualized context.

Is « deposition » individual or collective, decided by the group or one of its representatives ? What are the respective statuses of the instigator and the person carrying out the deposition ? The temporal dimension of hoards is significant as well. Does the hoard reflect a single act and moment in time, or does it involve several stages ? Should one consider the hoard as a definitive abandonment, a sacrifice of the objects deposited ? In this case, the act of deposition can express the need to remove objects from their « traditional » life cycle, to destroy them partially or totally for possible recycling, or even to withdraw them from the sight of the remainder of the community. On the contrary, should a hoard be considered a zone of temporary storage, in readiness for recovery at a later stage ? Can one detect for example a will to preserve the items for restoration later ?

The aim of this conference is go beyond particular cases to approach the archaeological, historical and ethnographic definition of hoarding behaviour. A multidisciplinary perspective will enable the phenomenon to be examined at different spatial and chronological scales, from Prehistory to the Middle Ages. Thus the question of the recurrent, reproduced and reproducible nature of the phenomenon needs to be addressed. New definitions should emerge from contrasting thoughts on the modes of study and interpretation of features of hoard type from a variety of chronocultural and geographical contexts. Hoards reflect recurrent behaviour and needs that are not yet well defined, but could represent a form of regulation of social, cultural or even economic cohesion. This meeting will provide the occasion for participants to debate and discuss the definitions and meanings of these phenomena, within a transchronological and multidisciplinary framework.

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Pré-inscription Anglais - 14.7 ko